Culture de sécurité

Sommaire

  • Contexte
  • Objectifs
  • Indicateurs
  • Retombées attendues
  • Pour en savoir plus

Contexte

La culture de sécurité (CS) peut être définie comme le produit des valeurs, des attitudes, des perceptions, des compétences, et des modes de comportement individuels et du groupe qui déterminent l’engagement, le modèle et la capacité d’une organisation de santé à manager la sécurité [1]. L’analyse d’accidents industriels (accident de Tchernobyl par exemple) a montré que l’absence de CS développée pouvait jouer un rôle dans la survenue d’accidents. Fondée sur une vision systémique des erreurs, la CS et son développement font partie des stratégies de maîtrise des risques des industries à haut risque comme l’industrie nucléaire.

L’intérêt en santé pour la CS est né de deux constats : la persistance d’un nombre élevé d’évènements indésirables liés aux soins évitables ; l’existence d’une culture de blâme où l’erreur est perçue comme liée à un individu et ne constitue pas une opportunité d’amélioration du système et de prévention d’évènements indésirables futurs [2]. La recherche sur le développement de la CS en santé repose sur l’hypothèse que l’amélioration de la CS permet d’améliorer la sécurité des soins et donc de réduire le nombre d’événements évitables.

Notre étude repose sur le questionnaire auto-administré Hospital Survey On Patient Safety Culture (HSOPSC) [3], déjà testé et validé aux Etats-Unis où il y est largement utilisé.

En pratique, l’acceptabilité des résultats est satisfaisante au niveau des équipes (moins bonne pour les décideurs inquiets des résultats de certaines dimensions). Si la mesure est répétée comme dans le projet de recherche  DECLICS, l’acceptabilité d’une deuxième mesure est parfois moins bonne en l’absence d’actions d’amélioration entre deux mesures. La mesure de la culture de sécurité avec cet outil est plutôt fiable. La présentation des résultats et leur utilisation est complexe, du fait du caractère multidimensionnel de l’outil. Il n’existe pas de score composite des 10 dimensions. Les seuils utilisés pour caractériser une culture de sécurité « développée » et « non développée » n’ont pas été validés scientifiquement.

[1] Nieva VF, Sorra J. Safety culture assessment: a tool for improving patient safety in healthcare organizations. Qual Saf Health Care 2003; 12:17-23.
[2] Occelli P, Quenon JL, Hubert B, Hoarau H, Pouchadon ML, Amalberti R, et al. La culture de sécurité en santé : un concept en pleine émergence. Risques et Qualité 2007;4(4):207-212.>/BR> [3] Sorra JS, Nieva VF. Hospital Survey on Patient Safety Culture. (Prepared by Westat, under Contract No. 290-96-0004). AHRQ Publication No 04-0041. Rockville, MD: Agency for Healthcare Research and Quality. September, 2004. www.ahrq.gov/qual/hospculture

Objectifs

  • Définir des modalités visant à améliorer l’acceptabilité de la mesure par les professionnels et des résultats par le management des établissements
  • Approfondir le concept de sécurité des soins pour en mesurer toutes les composantes
  • Mener un travail sur les seuils utilisés pour caractériser une culture de sécurité
  • Optimiser la représentation des résultats et recherche notamment la capacité de l’outil à produire un résultat unique (indicateur composite)
  • Avoir des éléments en termes de sensibilité au changement
  • Identifier les effets leviers contributifs à l’amélioration de la culture de sécurité

Indicateurs

Les dimensions de la culture de sécurité : Perception globale de la sécurité, fréquence de signalement des événements indésirables, attentes et actions des supérieurs hiérarchiques concernant la sécurité des soins, organisation apprenante et amélioration continue, travail d’équipe dans le service, liberté d’expression, réponse non punitive à l’erreur, ressources humaines, soutien du management pour la sécurité des soins, travail d’équipe entre les services de l’établissement.

Retombées attendues

  • Mise en place d’une coordination nationale permettant de proposer un dispositif efficace d’enquête de culture de sécurité et des échanges entre participants
  • Permettre une exploitation des résultats comprenant une démarche comparative spatiale et temporelle
  • Répondre aux attentes des établissements et aux obligations réglementaires d’évaluation de la culture de sécurité par un outil validé